Ils sont des “reuze” (en flamand) ou encore des “Gayants” (en picard chti). Ils s’appellent, au gré des villes, Monsieur et Madame Goliath et Bimbin (Douai), Jérome le Courtilleux (Wasquehal), Raoul de Godewarsvelde (Lille) ou encore Gargantua IV (Bailleul). Et, depuis novembre 2005, ils sont inscrits au Patrimoine immatériel de l’UNESCO, en tant que chefs-d’œuvre (dans la catégorie géants et dragons processionnels de Belgique et de France).
Originaires de la péninsule ibérique (on retrouve traces de leur existence au Portugal au 13e siècle), ce sont les remous de l’Histoire et l’appartenance du Nord à l’empire de Charles Quint, au 16e siècle, qui ont amené les géants à s’inscrire dans le folklore et le patrimoine de la région.
Bien plus que de simples statues portées en procession, les géants sont avant tout des témoignages puissants : ceux de traditions profondes, ancrées dans le territoire. Ils sont également un symbole vivant d’une histoire racontée au fil des siècles et toujours d’actualité. Ils sont aussi et surtout un point de rassemblement et de fierté : celle d’une identité unique. Enfin, ces géants sont aussi vivants : ils ont chacun leur vie, parfois leur famille avec des enfants. Ils sortent quand vient leur jour (à eux !) et, au gré des notes, dansent et se promènent.
































