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Les plus belles villes fortifiées du Nord

Le Nord a été, jusqu’à la seconde moitié du vingtième siècle, une terre de batailles. En des temps plus reculés, ces guerres étaient la raison principale de bâtir murailles et forteresses. Que sont-elles devenues, entre hier et aujourd’hui ?

citadelle gravelines

Dunkerque

Ville frontalière et située à un emplacement stratégique, Dunkerque a souvent été assiégée. De fait, son histoire urbaine se confond avec l’édification de nombreuses murailles et ceintures, dont l’origine commence au Moyen  ge pour s’étendre jusqu’à la seconde guerre mondiale. Les plus fameuses de cette Histoire sont celles de Vauban, construites aux 17e et 18e siècle, sur ordre de Louis XIV.

 

De nos jours, on ne trouve guère plus de traces de cette grandeur militaire d’antan, beaucoup d’ouvrages ayant été détruits au fil des temps. Il reste cependant quelques forts remarquables !

Gravelines

Conçue sous Charles Quint (qui régnait sur un empire où le soleil ne se couchait jamais), la forteresse joue pleinement son rôle de protection de la ville, située à l’embouchure de l’Aa. Elle fut dotée de bastions d'angle, protégés par un ingénieux système de demi-lunes, de fossés en eau profonde (autrement dit, des douves) et des contre-gardes (un ouvrage extérieur de protection). Vauban remania légèrement l’ensemble, reconstruisant notamment le château suite à l’explosion d’une poudrière en 1654.

 

Aujourd’hui, cette forteresse et ses remparts sont devenus un site incontournable du tourisme dans le Nord. On vient s’y promener, admirer la venue mais aussi visiter le musée installé dans les lieux : le Musée du Dessin et de l’Estampe originale. Il est aussi possible de faire le tour de l’Etoile Fortifiée en barque, pour découvrir la forteresse sous un angle inédit et inhabituel.

Bergues

De 1286 à 1741, des Comtes de Flandre jusqu’aux ajouts de Vauban, les remparts de Bergue semblent avoir été, de tous temps, un élément urbain majeur de la cité du Nord. Construits dans un but évidemment défensif, ils sont le témoin de différentes époques, de différentes influences, de différents objectifs. On retrouve ainsi la trace espagnole avec le Front Ouest, typique avec des fortifications enterrées et bastionnées ou encore la Tour des Couleuvriniers, nommée ainsi en rapport avec la couleuvrine, une arme d’artillerie.


L’enceinte fortifiée a eu la chance inouïe de passer le temps sans avoir été endommagée et elle est, de nos jours, dans un état absolument remarquable. Devenue sentier de randonnée, c’est un chemin prisé par les familles et les touristes, qui parcourent le sentier seuls ou en visite guidée, pour tout connaître des secrets de ce patrimoine unique.

Douai

Longtemps enjeu de combats entre français, espagnols et hollandais (Pays-Bas à l’époque), Douai voit ses premières vraies fortifications construites au 17e siècle, alors qu’elle est sous l’égide de Charles Quint. S’appuyant sur des murailles médiévales, ses transformations sont ensuite affinées par Vauban, sous le haut patronage du roi Louis XIV, attentifs aux modifications effectuées. Un plan en relief, datant de 1709 (et conservé au musée de la Chartreuse) permet de voir quelle était l’ampleur de cette forteresse du temps de sa splendeur.

 

De nos jours, il ne reste hélas plus que trois portes massives : toutes les structures (fort et remparts) ont été en effet détruites en 1889, pour laisser place à des axes de circulation, à une gare et au canal de la Scarpe.

Le Cateau Cambrésis

1001, le tout début d’un nouveau millénaire mais aussi la date à laquelle furent érigés les premiers remparts du Cateau-Cambrésis. Cinq portes et une enceinte de pierre, nées de la volonté de l’évêque de Cambrai, Erluin. 635 ans plus tard, les troupes françaises prennent et occupent la ville, décidant par la même de renforcer les défenses de la ville. Las, tout cela ne sera que feu de paille car, sur ordre de Richelieu (et de Louis XIII), tous les systèmes défensifs (portes et remparts) sont démantelés.


De nos jours, les vestiges des remparts sont visibles dans la rue éponyme (la rue des remparts !) ainsi que dans la cour de l’ancienne gendarmerie.

Cambrai

Détruire une abbaye située sur le point culminant de la ville de Cambrai afin d’y construire une citadelle à vocation défensive, adaptée à la nouvelle puissance de feu du XVIème siècle : il ne fallait pas avoir peur de l’Eglise pour se livrer à cela. Mais, quand on s’appelle Charles Quint et que l’on est Empereur, aucun souci ! C’est donc en 1543 qu’apparaît la Citadelle de Cambrai. Solide et bien aménagée, elle fut le dernier îlot de résistance à tomber lors de la prise de la ville par les troupes françaises en 1677. Vauban, sur l’ordre de Louis XIV, vint ajouter quelques améliorations défensives (dont des talus et des redoutes). La citadelle fut finalement démantelée, en même temps que les fortifications, à la fin du 19e siècle.

 

Aujourd’hui, que reste-il donc à admirer ? Quelques magnifiques portes (Notre Dame, Paris, Saint Fiacre, deux tours (Tour des Arquets et du Caudron) ainsi que les galeries de contre-mine de la citadelle, un véritable dédale souterrain qu’il est possible de visiter !

 

Avesnes-sur-Helpe

Dans l’ombre des fortifications rodent souvent deux figures historiques majeures : Charles Quint et Louis XIV. Ici aussi, à Avesnes-sur-Helpe, c’est par leurs ordres et les réalisations de leurs ingénieurs militaires que se concrétise leur présence. D’un côté, Jacopo da Modena qui réalise les premières fortifications bastionnées, au début du 16e siècle. Au fil des années, viennent s’ajouter des renforcements, aménagements et un système d’inondation défensive. Une fois Avesnes redevenue française (suite au Traité des Pyrénées en 1659), c’est Vauban qui entre dans la danse : il renforce, crée de nouvelles défenses et installe notamment un un pont-écluse à quatre vannes. La ville est finalement déclassée en 1873.

 

Aujourd’hui, près des deux-tiers des remparts ont survécu ! On trouve encore, par exemple, le bastion de la Reine, le bastion Saint-Jean, le bastion de France (où se trouve la sous-préfecture d’Avesnes), la porte de Mons et le Pont-des-Dames. Se promener dans la ville est la meilleure façon de marcher sur les traces de ces vestiges d’antan !

Le Quesnoy

Lorsque Vauban se voit confier, en 1676, la rénovation du système défensif du Quesnoy, savait-il que son œuvre allait défier les siècles et subsister encore intacte de nos jours ? Il faut dire que le terrain était idéal pour que se déploie son génie militaire et stratégique, avec un certain nombre de bastions et aménagements déjà en place, construits (et améliorés) par les troupes espagnoles entre 1527 et 1654, date à laquelle le Quesnoy devient ville française. Tout ce patrimoine va rester intact et ne sera que légèrement modifié au fil des siècles, étant finalement déclassé à deux reprises, en 1867 et 1901.

 

De nos jours, les remparts sont inscrits aux Monuments Historiques et offrent un cadre de visite exceptionnel. On peut également admirer les bassins de défense hydraulique, régulièrement entretenus et qui sont la preuve vivante de la capacité d’adaptation de Vauban aux contraintes de son époque.

Lille

“La reine des Citadelles” : ainsi adoubée par son créateur, nul besoin d’autres lettres de noblesse ! Car, pour considérer cet ouvrage comme son œuvre maîtresse, il faut croire que Sébastien Le Prestre de Vauban y a mis tout son génie, son talent et sa capacité d'adaptation. Construite entre 1667 et 1773, elle visait à délimiter le fameux Pré Carré, un ensemble défensif de 28 villes fortifiées. On y trouve toutes les améliorations et ajouts typiques de Vauban : la forme en pentagone, les défenses inondables, les doubles-lignes. Mais tout cela ne servira principalement qu’au cours de deux sièges, en 1708 et 1792.

 

Aujourd’hui, la citadelle est un élément urbain incontournable de Lille ! Une grande balade prisée par les familles, des musées, un site encore utilisé par l’Armée française, un parc d’attraction : la liste est longue. En tout cas, une chose est sûre et certaine : sans sa citadelle, Lille ne serait plus Lille !

Les villes fortifiées du Nord depuis 1870

De ecarru

Publié le 15 avril 2022